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[ Le mot du chantier · n° 4 ]

Bilan de puissance : la coque n’a pas été câblée pour votre cuisine

Le local est livré en coque, avec une attente électrique. Vous en concluez que l’électricité est là. Elle l’est. Toute la question est de savoir combien.

Temps de lecture3 minmoins long qu’un rendez-vous avec enedis

La scène

Une boulangerie en pied d’immeuble neuf. Le local est livré brut, avec une attente électrique prévue par le promoteur pour « un commerce ».

Fours, chambres froides, laboratoire, climatisation : le bilan de puissance arrive à près du triple de ce que l’attente peut délivrer. Personne ne l’avait calculé avant le bail.

Demande d’augmentation de puissance auprès d’Enedis, étude, devis, travaux sur le réseau. Puis la vérification de l’installation et le visa du Consuel avant la mise sous tension. L’ouverture a attendu le courant.

Scène type, tirée de situations que l’équipe fondatrice a vues sur plus de 1 500 chantiers.

Le mécanisme

Un local livré en coque, en centre commercial ou en pied d’immeuble, arrive avec des attentes : une puissance électrique, des réseaux, parfois une ventilation, prévus pour un usage courant. Même une coque annoncée « restaurant » a été dimensionnée pour une cuisine type, pas pour la vôtre : vos fours, votre froid, votre extraction et votre climatisation peuvent largement dépasser ce qui a été prévu.

Le bilan de puissance additionne ce que vos équipements consommeront en même temps. S’il dépasse ce que le local peut délivrer, il faut demander à Enedis une augmentation de puissance, parfois un nouveau branchement. Enedis étudie, chiffre et réalise. Le coût et le délai dépendent du réseau existant, pas de votre entreprise de travaux : quelques jours si le réseau suit, plusieurs mois s’il faut le renforcer ou l’étendre.

Reste la nature du courant. Un local en monophasé, en 230 volts, plafonne à 12 kVA. Au-delà, il faut passer en triphasé, en 400 volts, la puissance étant répartie sur trois phases. Et beaucoup d’équipements professionnels sont conçus pour le triphasé : fours, chambres froides, groupes de climatisation. Commander un four avant de vérifier, c’est parfois acheter un appareil qu’on ne pourra pas brancher.

Enfin, une installation neuve ou entièrement rénovée doit être déclarée conforme avant d’être mise sous tension. Dans un logement, l’installateur déclare et le Consuel contrôle éventuellement. Dans un établissement recevant du public ou un lieu de travail, l’installation doit en plus être vérifiée par un organisme d’inspection, souvent un bureau de contrôle, dont les conclusions accompagnent l’attestation visée par le Consuel.

Les signaux d’alerte

  • Le bail parle d’une « attente électrique » sans en donner la puissance.
  • Votre concept repose sur la cuisson électrique, le froid ou une forte climatisation.
  • Personne n’a encore fait le bilan de puissance de vos équipements.
  • Le local est en monophasé, et vos équipements sont prévus en triphasé.
  • Le planning prévoit la mise en service la semaine de l’ouverture.
  • Le devis d’électricité ne parle ni du raccordement, ni de la vérification initiale, ni du Consuel.

Les questions à poser avant de signer

  1. Quelle puissance le local peut-il délivrer aujourd’hui, écrite noir sur blanc ?
  2. Le local est-il en monophasé ou en triphasé, et mes équipements sont-ils compatibles ?
  3. Quel est le bilan de puissance de mes équipements, appareil par appareil ?
  4. S’il faut plus de puissance, qui fait la demande à Enedis, qui paie, et pour quand ?
  5. Qui prépare l’attestation de conformité, et qui commande la vérification par un organisme d’inspection ?
  6. Le planning laisse-t-il au raccordement le temps d’aboutir avant l’ouverture ?

Ce que nous faisons

Nous établissons le bilan de puissance dès la faisabilité, à partir de vos équipements réels. Si le local ne suit pas, nous vous le disons avant le bail, et la demande à Enedis part dès que le projet est arrêté, pas à la fin du chantier.

Vérification initiale, attestation de conformité, visa du Consuel : nous les inscrivons au planning comme des étapes du chantier, pas comme des formalités de dernière semaine.

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