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[ Le mot du chantier · n° 3 ]

5e catégorie : le restaurant qui s’est retrouvé en 1re

Quarante couverts, une petite salle, une cuisine ouverte. Vous comptez l’effectif, vous trouvez la 5e catégorie et les règles les plus légères. Puis le bureau de contrôle du centre vous rappelle que votre restaurant est dans une galerie commerciale.

Temps de lecture3 minmoins long qu’une visite de la commission de sécurité

La scène

Un restaurant indépendant dans la galerie d’un centre commercial. Quarante places assises. Le projet a été conçu en 5e catégorie : les règles des petits établissements, un dossier léger, pas de visite de la commission avant l’ouverture.

Au moment de déposer l’autorisation de travaux, la question tombe. Le local n’est pas isolé du centre, il ouvre sur le mail et il est relié au système de sécurité incendie de la galerie. Pour la sécurité, il fait partie du centre, classé en 1re catégorie.

Tout se recalcule : matériaux à reprendre, désenfumage à revoir, raccordement au SSI du centre à faire étudier, avis de la commission à obtenir. Deux mois de décalage. Et un budget technique qui n’avait plus grand-chose à voir avec le premier.

Scène type, tirée de situations que l’équipe fondatrice a vues sur plus de 1 500 chantiers.

Le mécanisme

La catégorie d’un établissement recevant du public dépend de son effectif : de la 1re, au-delà de 1 500 personnes, à la 5e, sous les seuils fixés pour chaque activité. Plus le chiffre est petit, plus les règles sont lourdes.

Un local situé dans un centre commercial n’est pas jugé seul. S’il n’est pas isolé du reste du bâtiment au sens du règlement de sécurité, avec ses parois, ses accès et ses dégagements, il appartient à l’établissement du centre et en suit la catégorie. Le raccordement au SSI du centre en est le signe le plus net : votre détection, votre désenfumage et vos asservissements font partie d’un même système.

Les règles changent alors de nature. Celles des grands établissements remplacent celles des petits : réaction au feu des matériaux, désenfumage, détection, isolement de la cuisine selon sa puissance, coordination SSI, autorisation de travaux examinée par la commission de sécurité. Et sur le SSI d’un centre, toute modification passe par l’exploitant, son PC sécurité, sa société de maintenance et son bureau de contrôle, qui n’est pas celui que vous missionnez.

Les signaux d’alerte

  • Le local est dans une galerie, un centre commercial ou un ensemble de commerces sous un même toit.
  • Il ouvre directement sur le mail, sans dégagement indépendant vers l’extérieur.
  • Le bail ou le cahier des charges preneur parle du SSI du centre, de sa maintenance ou de son coordinateur.
  • Le dossier de conception annonce la 5e catégorie sans expliquer pourquoi.
  • Personne n’a encore rencontré le PC sécurité ni le bureau de contrôle du centre.

Les questions à poser avant de signer

  1. Mon local est-il isolé du centre au sens du règlement de sécurité, ou en fait-il partie ?
  2. À quel établissement suis-je rattaché, dans quelle catégorie, et quelles règles s’appliquent à mes travaux ?
  3. Qui intervient sur le SSI du centre, à quel prix et dans quel délai ?
  4. Une mission de coordination SSI est-elle nécessaire ? Qui la commande ?
  5. Le bureau de contrôle du centre, qui n’est pas le vôtre, doit-il valider mon dossier, et dans quel délai ?
  6. Le planning prévoit-il l’instruction de l’autorisation de travaux et l’avis de la commission ?

Ce que nous faisons

Dans un centre commercial, nous partons du cahier des charges du bailleur et du SSI existant, pas d’un simple comptage d’effectif. La catégorie réelle, les interfaces et les intervenants imposés sont posés avant le premier chiffrage.

Et si vous êtes en train de négocier le bail, BASK amo+moe lit le cahier des charges preneur avec vous, au moment où chaque ligne se négocie encore.

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